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IMPORTANT : Ce guide est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique professionnel. Chaque situation est unique et peut nécessiter l'avis d'un avocat ou d'un professionnel du droit.
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Rupture conventionnelle
Guide complet sur la rupture conventionnelle du contrat de travail : procédure, indemnités, homologation et pièges à éviter.
Qu'est-ce que la rupture conventionnelle ?
La rupture conventionnelle est un mode de rupture du CDI par accord commun entre le salarié et l'employeur (article L. 1237-11 du Code du travail).
- Consensuelle : Les deux parties doivent être d'accord
- Indemnisée : Le salarié perçoit une indemnité spécifique
- Homologuée : L'administration vérifie la régularité
- Indemnité chômage : Ouvre droit au chômage
À ne pas confondre avec la démission (unilatérale) ou le licenciement (décision employeur).
Qui peut bénéficier d'une rupture conventionnelle ?
Salariés éligibles
- Tous les salariés en CDI (même à temps partiel, en période d'essai terminée)
- Salariés de droit privé
- Sans distinction de niveau hiérarchique
Salariés exclus
- Salariés en CDD (sauf aménagement pour les seniors)
- Salariés en période d'essai
- Fonctionnaires (régime spécifique)
- Salariés protégés (accord de l'inspection du travail requis)
La procédure de rupture conventionnelle
Étape 1 : Entretien(s) de négociation
- Entretien entre l'employeur et le salarié
- Possibilité d'être assisté (salarié : choix libre, employeur : représentant)
- Discussion sur les conditions : date de fin, indemnité, préavis
- Possibilité de plusieurs entretiens
L'employeur ne peut pas imposer la rupture. Le salarié conserve son libre arbitre.
Étape 2 : Signature de la convention
- Convention écrite obligatoire
- Mention obligatoire du montant de l'indemnité
- Date de fin du contrat
- Délai de rétractation de 15 jours calendaires pour le salarié
Le salarié dispose d'un délai de rétractation de 15 jours après signature. Aucune justification nécessaire.
Étape 3 : Homologation par l'administration
- Demande d'homologation par l'employeur via le formulaire CERFA
- Délai de 15 jours ouvrables pour l'administration (DIRECCTE ou Conseiller du salarié)
- Silence passé ce délai = homologation tacite
- Refus motivé si irrégularité avérée
L'indemnité de rupture conventionnelle
Calcul de l'indemnité
L'indemnité est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement :
- 1/4 mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans
- 1/3 mois de salaire par année d'ancienneté au-delà de 10 ans
Salaire de référence : moyenne des 12 derniers mois (ou 3 derniers si plus favorable).
Indemnité conventionnelle
- La convention collective ou l'accord d'entreprise peut prévoir un montant supérieur
- Négociation possible entre les parties (mais minimum légal obligatoire)
- Exonération des cotisations sociales jusqu'à 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale
Exemple de calcul
Salarié avec 8 ans d'ancienneté, salaire moyen 3 000€ :
- 8 ans × (3 000€ / 4) = 8 × 750€ = 6 000€
Le préavis et la fin du contrat
Durée du préavis
- Négociable entre les parties
- Si non précisé : pas de préavis obligatoire (sortie immédiate possible)
- Le salarié peut demander une dispense de préavis
- Période de préavis = maintien de salaire et avantages
Droits pendant le préavis
- Maintien du salaire
- Droit à l'allocation pour l'emploi (congés de recherche d'emploi si prévu)
- Congés payés acquis mais non pris indemnisés
Droits au chômage (ARE)
La rupture conventionnelle ouvre droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) :
- Condition d'affiliation : 4 mois de travail sur les 28 derniers mois (36 mois si 53+ ans)
- Durée d'indemnisation : Selon l'âge et l'ancienneté (jusqu'à 36 mois pour les 53+)
- Montant : Environ 57% du salaire journalier de référence (plafonné)
- Délai de carence : 7 jours (correspondance au préavis)
Avantage majeur par rapport à la démission, qui n'ouvre généralement pas droit au chômage.
Pièges et précautions
Pour le salarié
- Vérifier le montant de l'indemnité (calculer soi-même le minimum légal)
- Utiliser le délai de rétractation de 15 jours si doute
- Négocier la date de fin pour anticiper la recherche d'emploi
- Vérifier l'attestation Pôle emploi (doit indiquer "rupture conventionnelle")
Pour l'employeur
- Ne pas faire pression : La rupture doit être consensuelle
- Respecter la procédure : Homologation obligatoire
- Mentionner correctement le motif dans les documents
Cas particulier : Rupture collective
Pour 2 salariés ou plus dans 30 jours :
- Document unique de prévention des difficultés sociales
- Consultation du CSE (Comité Social et Économique)
- Information de la DIRECCTE
Contestation et recours
- Contestation de l'homologation : Recours contentieux possible
- Recours prud'homal : Si rupture simulée (déguisée en conventionnelle)
- Délai : 12 mois pour contester devant le conseil de prud'hommes
- Simulacre : Si l'employeur a imposé la rupture = licenciement sans cause
Sources juridiques
- Code du travail : articles L. 1237-11 à L. 1237-16 (rupture conventionnelle)
- Code du travail : articles L. 1234-1 à L. 1234-9 (indemnité de licenciement)
- Décret n° 2017-1724 du 21 décembre 2017 (barème d'indemnisation)
- Code du travail : articles L. 2254-1 et suivants (règles collectives)
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